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Le concept de safe city est de plus en plus utilisé pour décrire le pendant sécuritaire de la smart city, c’est-à-dire d’une ville qui utilise toutes les ressources de l’intelligence artificielle pour assurer son fonctionnement. Depuis le début de la crise sanitaire, l’État et les collectivités territoriales investissent de plus en plus dans ces outils, à la frontière entre surveillance et prévention.

L’arrivée massive des technologies dans la ville 

Quand la smart city voulait améliorer la qualité des services urbains, réduire les coûts et améliorer la consommation des ressources grâce aux technologies de l’information, la safe city veut surveiller l’espace urbain pour réduire ses dangers avec ces mêmes dispositifs. Un marché émergent en France, du côté des startups comme des grandes entreprises, mais qui a révélé l’étendue de son potentiel durant cette pandémie internationale. 

Des drones déployés dans tout le pays pour faire respecter le confinement. Des caméras intelligentes installées dans le métro de Châtelet-les-Halles, à Paris, pour vérifier le port du masque. Ces mêmes caméras installées sur un marché de Cannes. Et une caméra 3D, autrefois utilisée pour les films de James Cameron, reconvertie pour imposer le respect des distances dans les boutiques. Ce n’est plus de la sciences fiction !

Thalès chapeaute une convention d’expérimentation conclue en juin 2018, à Nice, avec un consortium de quinze entreprises. Littéralement nommée « SafeCity », le projet se veut centré sur le développement de la vidéosurveillance intelligente. « Face à l’accroissement des risques, la filière des industries de la sécurité  a identifié le besoin de développement de produits et services innovants destinés à assurer la sécurité des villes intelligentes », écrit le communiqué de presse de l’entreprise. La même année, Thalès a également lancé sa digital factory, un hub parisien réunissant 150 personnes travaillant sur des projets liés à l’intelligence artificielle, le big data ou la cybersécurité. 

 

De l’importance des autorités de régulation et de contrôle 

 Durant le confinement, c’est surtout de DatakaLab dont le grand public a entendu parler. Cette entreprise française, fondée par les frères Fischer, a équipé les marchés de la ville de Cannes et la station Châtelet-les-Halles de ses caméras intelligentes durant le confinement. Le principe : chaque caméra est associée à un ordinateur capable de traiter les images ultra rapidement pour gérer des données de comptage permettant de voir qui porte, ou non, un masque. Aucune vidéo n’est transférée ou stockée sur serveur : seules les données sur les masques, délivrées toutes les quinze minutes, sont renseignées. 

« On est un peu les premiers à ouvrir la boîte de Pandore sur l’analyse d’images et les caméras intelligentes. On veut créer le produit qui respecte les règles point par point. À moyen ou long terme, on pense que l’analyse d’images peut aider à beaucoup de choses, parce que ça peut permettre de remonter des informations utiles sur les flux de personnes, les quantités de bus ou de trains à mettre en place à chaque jour dans les villes », explique Xavier Fischer, co-fondateur de l’entreprise. 

Sauf que la CNIL a mis fins aux expérimentations, estimant que le dispositif ne respectait pas le RGPD, après une saisine émise par Datakalab. Pourquoi ? La faute au droit d’opposition. Le RGPD impose que les personnes puisse refuser d’êtres filmées par ce type de dispositif. Or, l’entreprise conseillait de faire « non de la tête » pour ne pas être filmée. Une solution « peu praticable » dans les faits selon la CNIL. À l’heure actuelle, l’entreprise est « en échange avec la CNIL » pour savoir si les expérimentations reprendront. « Il est compliqué d’adresser le droit d’opposition via l’analyse d’images. On ne peut pas et on ne veut pas reconnaître quelqu’un dans la rue », admet Xavier Fischer. 

La confiance étant la clef de voute de l’acceptation de ces nouvelles technologies, les autorités de régulations se doivent d’agir avec prudence. Même si cela peut paraître comme un frein à l’innovation, l’homologation ou la certification de nouvelles technologies par un organe indépendant dès lors qu’il manipule des données à caractère personnel doit être la règle. La CNIL est en France cet organe, reste maintenant à renforcer sa notoriété et légitimer son indépendance pour qu’elle ne fasse pas l’objet d’une défiance injustifiée.

 

 

Sources :  

Safe city surveillance et prévention dans la ville connectée, envie de ville

Safe city comment la sécurité urbaine numérique a pris le pas sur le rêve de la smart city, Maddyness

Appareil photo vecteur créé par macrovector – fr.freepik.com

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